Préambule

La culture des Droits de l’Homme au Maroc a certainement franchi des étapes significatives aux niveaux politique et institutionnel au Maroc au cours des dernières années. Et le processus est en pleine maturation. Ces évolutions ont également été accompagnées par un travail théorique et académique significatif au sein de l’Université marocaine, sous forme de recherches, d’études, de colloques et de diverses manifestations à caractère intellectuel.

Les médias et l’édition ont, de leur côté accompagné et renforcé cette orientation générale avec le souci constant de les rendre irréversibles et d’en vulgariser le discours et les concepts. Mais, sur le plan du vécu quotidien du citoyen, la thématique des droits de l’homme demeure connotée dans sa signification restrictive de levier de contestation et de protestation contre l’ordre établi. Celui-ci, pour sa part, ne cesse de développer et d’élargir ses capacités d’interrogation. Dans ce face à face plus ou moins feutré, l’usage de la question des Droits de l’Homme, de la Démocratie et de la citoyenneté, ne risque-t-il pas de changer de  nature, de contenu et de sens ? Ne pouvant plus jouer le rôle d’armes de contestation, de remise en cause du pouvoir en place, d’une part, et ne pouvant, davantage, constituer un foyer de consolidation du pouvoir en place dans son état actuel, d’autre part, la problématique des Droits de l’Homme, de la démocratie et de la citoyenneté, a-t-elle des chances de devenir le levier et le vecteur d’une culture du changement qui permet d’intégrer le mouvement positif de l’histoire ?

Il s’avère donc primordial de mobiliser les savoirs et les outils pertinents et adéquats pour mieux re-délimiter les contours de cette culture, la promouvoir avec un souffle renouvelé et mieux la diffuser en tant que compétence et que choix permettant l’avènement du citoyen, du plein exercice de sa citoyenneté et de la contribution à la construction de son avenir en prenant une part plus active à la consolidation de la démocratie participative et à la gestion de la chose publique et du fait social, aux échelons local, régional et national. Un renouvellement et une mise à niveau lui permettant naturellement d’adhérer à l’élan de prise de conscience, au niveau universel, de l’importance de l’élément humain dans  tout processus de développement et dans toute approche de la question du devenir collectif de la planète.

La session d’Hiver de l’Université du Développement social du CERSS compte réunir un groupe de chercheurs, de sociologues, d’experts, d’acteurs politiques et sociaux, de dirigeants associatifs, d’animateurs de développement social, de pédagogues, de spécialistes de l’information et de la communication, les invitant à réfléchir sur les conditions de cette redéfinition, de diffusion, de dissémination et d’appropriation des valeurs des Droits de l’Homme, de la citoyenneté et de la démocratie participative auprès du citoyen dans son environnement local et régional et dans son vécu quotidien. Le but recherché consiste à « naturaliser » ces valeurs et de les disséminer au sein du tissu social jusqu’à ce qu’elles en fassent partie intégrante.

Le CERSS se propose d’entamer cette démarche non pas pour continuer à faire de la question des Droits de l’Homme, de la citoyenneté et de la démocratie une leçon « extérieure », intruse et condescendante que l’on cherche à plaquer sur des réalités rebelles et rétives. 

Le CERSS considère qu’un travail d’appropriation de ces valeurs par les citoyens et leur intégration dans la culture et les mœurs quotidienne du citoyen sont nécessaires. Cependant, il est à noter que ni la communication en dialectal ou en amazigh, ni l’introduction de jeux de rôles ou d’exercices ludiques n’ont permis de vulgariser et de disséminer les valeurs du développement social et mettre en œuvre un véritable processus didactique et pédagogique exhaustif et reproductif. Un travail de fond sur les contenus et les cursus de ces valeurs.  Cette appropriation et cette prise en charge font partie intégrante des processus de développement social et constituent à la fois des conditions et des instruments d’épanouissement de la personne humaine et de la responsabilisation des individus et des groupes pour qu’ils prennent en charge leur devenir et contribuent à la mise en œuvre d’une véritable approche de développement, intégrée et durable, convergeant avec les expériences les plus abouties et les plus exemplaires de par le monde en la matière. 

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