13 avril 2024

 Appel à communication

  1. Quelle place aujourd’hui pour le vieux projet du Grand Maghreb ? Quel contenu et quel sens après les développements des dernières décennies ?Quels sont les éléments qui rassemblent encore les Maghrébins et quels sont ceux qui les séparent ? Est-ilencore des Maghrébins prêts à y adhérer ? Une accumulation de faits, d’actions, d’attitudes, de contaminations émotionnelles, en sens contraire à l’esprit unitaire du projet maghrébin, ont profondément atteint les populations de la région, sur plusieurs générations, sous une variété d’angles.

Les acteurs étatiques actuels semblent peu enclins à croire au projet, à vouloir le refonder, voiremême à aménager ce qu’il en reste, à le maintenir en vie, dans un contexte de régression de l’idée du Grand Maghreb, voire de désuétude, de mort lente. Tout ce qui faisait sa force d’attraction aux plans politique, économique, social, culturel, sont à l’heure actuelle enjambés, ignorés, délibérément foulés.

  • Le Grand Maghreb a connu ses heures de gloire au temps du développement des mouvements nationaux en faveur de l’indépendance des pays de la région, et des liens tissés entre eux autour d’objectifs communs. Tous y adhéraient en termes de combat pour la libération nationale depuis les combattants, les élites politiques, les intellectuels,les cadres syndicaux, jusqu’aux simples citoyens. Cette adhésion était nourrie par des initiatives communes, des rencontres entre dirigeants, des événements…Alors qu’un état de grâce prévalait au temps des indépendances, de véritables dynamiques marquaient le projet maghrébin.
  • Après l’indépendance de l’Algérie en 1962, alors que l’ensemble de la région s’émancipait, la voie étatique nationaliste au sens le plus étroit, a prévalu. L’image du Maghreb a subi les contrecoups de cette montée des nouveaux États indépendants et plusnationalistes que jamais. La victoire des nationalismes devait se confirmerplus encore dans un contexte où se multipliaientles coups d’État, où les pouvoirs s’appuyaient sur les partis uniques ou hégémoniques, où apparaissaient explicitement des projets d’hégémonie régionales.
  • Des écrits mettent en relief le caractère de manœuvre politique de l’UMA fondée en février 1989 à Marrakech, au cours d’une période où l’on assistait à la naissance et au développement de plusieurs unions régionales dans le monde (CGC, UA, les mutations de l’UE…). L’UMA même sans souffle politique a continué à vivre, avec son Secrétariat permanent, un bilan fort de quelques dizaines de conventions, les réunions des comités techniques, des programmes…

Un conseil Économique Consultatif Maghrébin avait déjà vu le jour en 1967, dans le sillage du sommet de 1964.Dans ce cadre fut proposée une réflexion sur l’intégration maghrébine sur le plan économique. Deux voies s’offraient alors aux décideurs : d’une part une vue maximaliste mettant en place une fiscalité, la liberté de marché, la libre circulation, des infrastructures communes, des projets économiques conjoints ou complémentaires ; d’autre part, une voie minimaliste, pour une intégration prudente, à travers une démarche graduelle…

  • Les relations entre deux pays qui comptent dans la région, le Maroc et l’Algérie, ont emprunté une orientation opposée à celle qui aurait pu mener à la concrétisation du projet maghrébin.Des périodes de grande rivalité se sont ouvertes, des moments où ont prévalu une certaine retenue dans l’adversité, de l’aveuglement, de la tension contrôlée. D’autres fois, des moments marqués par le déferlement de la détestation ont dominé. Dans tous les cas, la dynamique du projet maghrébin a subi un arrêt brutal.
  • La marginalité du Maghreb est frappante par rapport aux grands projets en élaboration à l’heure actuelle dans l’environnement maghrébin : le grand projet chinois (la route de la soie), les projets  euro-méditerranéens concernant les États de la région avec l’union européenne, le projet encouragé par les USA reliant l’Inde, les États du Golfe, l’Irak, la Jordanie, Israël (et complété par le projet israélien du canal Ben Gourion, qui n’en fait pas partie), la route stratégique du développement partant de l’Irak, impliquant le Koweït, le Qatar, la Turquie…C’est dire que dans son environnement géostratégique leMaghreb en tant que tel semble avoirune place des plus réduite. Seuls les États pris un à un sont plus ou moins impliqués dans certains de ces projets. Par ailleurs les Étatsmaghrébins sont chacunà la recherche de leurs seuls intérêts, et on peut même observer que leurs projections se positionnent dans l’adversité, voire dans des postures opposées les unes aux autres.

Propositions d’axes d’intervention(cette liste n’est pas fermée)

Axe 1. L’idée maghrébine : origines, développement, perspectives

Axe 2. Trajectoire des États nationaux de la région maghrébine

Axe 3.  Conflictualité et coopération dans la région maghrébine

Axe4. Marginalisation ou intégration dans les grands projets  stratégiques internationaux à l’œuvre dans la région

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