Les OSC et la problématique de l’Insertion des jeunes en difficulté

La question de l’intégration sociale des jeunes pose un problème dans toutes les sociétés modernes, dans la mesure ou, en dehors de son rang social, cette catégorie sociale demeure très vulnérable et peut basculer rapidement vers la précarité voire même vers la déviance.
Au delà de toute spéculation théorique, nous retiendrons dans la catégorie des jeunes ciblée, la tranche d’âge située entre 15 et 24 ans, c’est dire, les adolescents et les post-adolescents.
De même, on retiendra uniquement les jeunes en situation de crise. C’est à dire ceux qui à un moment de leur parcours de vie se sont vus écarter, bon gré mal gré, des circuits sociaux de socialisation et de sociabilité, notamment de la famille, de l’école, et du travail.
En fait, en raison de la complexité du problème de la réintégration de ces jeunes dans leur espace social d’origine, on se retrouve souvent dans des situation ou aucun acteur n’est satisfait et ou la frustration est de mise. Car, tout le monde à l’impression que ca ne bouge pas et que les résultats ne suivent pas.
Du coup, Du coté des bailleurs de fond, le financement d’un projet de réinsertion sociale de ces jeunes pose toujours problème, en sens que ni l’Etat, ni les bailleurs de fonds internes ou externes ne voudraient courir le risque de financer, durablement et conséquemment des projets, dont les résultats sont toujours aléatoires et difficile à atteindre.
Du coté des acteurs de la société civile qui travaille dans ce domaine connaissent un grand stress et une frustration trop importants pour pouvoir se défendre et continuer.
− Ils ont souvent du mal à convaincre les bailleurs de fonds du sérieux et de l’efficacité de leur démarche en matière de récupération des jeunes qui sont sensé être perdus.
− Et l’on sait pertinemment combine c’est difficile de monter des projets pareils et de convaincre les bailleurs de fond pour les financer totalement et durablement.
− Et même lorsque le financement est acquis, de le maintenir.
Du coté des jeunes en question, la frustration est présente en ce sens que l’offre d’insertion socio professionnel des OSC est souvent, inadapté, trop compliqué, trop contraignants et trop long.
− Il se trouve que dans beaucoup de cas jeunes arrivent à se trouver de nouveaux espaces de sociabilité qui se substituent à l’école, la famille et au travail. Le quartier le club de foot ou de sport, les bandes d’amis.
− Ces espaces sont souvent, non ou mal reconnus par la société et par les OSC, en ce sens qu’ils sont informels, illégaux ou déviants.
II. En règle générale les jeunes ciblés par les OSC qui travaillent dans ce domaine souffrent des problèmes suivants :

1. Un problème chronique de désocialisation et de pertes de repères sociaux affectifs ; les bénéficiaires n’ont pour la plupart pas connaissance du comportement à adopter en entreprise (ponctualité, politesse…). 

2. Un très faible niveau de qualification intellectuelle et professionnelle qui les disqualifient d’emblée de toute complétion sociale ou professionnelle.
3. Une indiscipline comportementale chronique liée à la rupture avec la famille, l’école et le travail et au manque de tout contrôle social.
4. Les problèmes des liens familiaux 
déstructurés ( divorce, décès du père/mère, maladie ou chômage des parents….
5. L’addiction à des substances psychoaffectives. 

6. Des troubles psychologiques importantes : dépression, schizophrénie, névroses… qui favorises chez eux de sérieuses dissonance cognitives et une incapacité à adapter leur vouloir avec leur pouvoir.
7. Le problèmes de marginalité sociale, car ils vivent souvent dans des condition de précarité et de marginalité sociale qui les empêche objectivement d’avoir un contact normal et prolongé avec le monde social réel et avec ses exigences.
8. Un manque sérieux de motivation et de volonté d’amélioration de leurs conditions sociales en raison de l’oisiveté prolongé ou de pratiques sociale déviées mais rentables ( prostitution, vente de drogue, contrebande…)
9. Des problèmes avec la justice ( le casier judicaire et les fréquentations au sein des espaces pénitenciers empêchent le jeunes de trouver un travail et une école)
10. L’handicape ou la monstruosité physique
11. Le manque de confiance en soi lié a la stigmatisation sociale (pauvreté, genre), physique (couleur, handicape, monstruosité physique, .. )
Il faut reconnaitre que Ce sont justement ces problèmes qui limitent sérieusement la qualité de l’offre de OSC à leurs clients, ainsi que les résultats de leur action :
Souvent leur offre en matière de travail est soit considérée comme inadaptée, ou inconséquente en ce sens que les jeunes qui arrivent à rentabiliser leur déviance ( drogue, prostitution, contrebande, vol) peuvent difficilement accepter des offres de travail beaucoup trop contraignantes et moins rentables.
− De même un jeune habitué à l’oisiveté prolongée peut difficilement accepter la pénibilité et la ponctualité du travail proposé.
III. La qualité de l’offre proposée
1. L’individualité de l’offre: L’offre proposée, ne doit pas être standard en raison de la spécificité des conditions de chaque client/bénéficiaire ;
2. On parle dans ce sens de case management qui veut dire simplement que les offres ne doivent pas être institutionnelles et standardisées mais proposée chemin faisant et de manière individuelle.
3. L’indéterminisme de diagnostic : le diagnostic ne peut se baser sur un quelconque déterminisme : il faut toujours faire la part des facteurs qui interviennent dans la crise :
4. Il faut être en mesure de séparer les dimensions psychologiques des dimensions économiques, culturelles et sociales. C’est à dire être en mesure des séparer le personnel/ psychique du sociale/objectif.
5. Généralement les associations qui travaillent dans ce domaine ont tendance à psychologiser les problèmes de leur clients : Du coup : des problèmes sociaux comme la pauvreté et le manque de capital social chez les jeunes peut facilement devenir un simple problème comportemental et cognitif.
6. Il faut être en mesure de proposer une activité professionnelle adéquate aux jeunes, selon leur capacité, leur compétence et leurs ambitions. Cela n’est possible que si il existe une empathie réelle entre le manager du cas et son client. Car souvent, les potentialités professionnelles des jeunes ne sont pas données d’avance, elles sont encore à découvrir et à mettre en relief.
7. Il faut aussi être capable de vendre les compétences et le savoir faire des jeunes aux entreprises publiques et privées. Dans ce sens les entreprises publiques sont d’une grande utilité dans l’employabilité des jeunes en difficulté, en leur donnant l’occasion d’expérimenter leur savoir faire pour les préparer au marché de l’emploie ;
8. Mieux encore, il faut assurer un suivi dans la durée des bénéficiaires pour leur permettre de garder leur emploie, sinon d’en trouver un en cas de besoin.
9. Il faut être en mesure de propose une médiation durable entre les jeunes et leur famille, de telle sorte à ce qu’ils retrouvent leur estime de soi, mais aussi le soutien de leur proche.
10. Il faut également être en mesure d’intervenir continuellement en cas de crise entre les jeunes et leurs établissements d’enseignement pour éviter toute déperdition scolaire.
11. Proposer aux jeunes des programmes de thérapie collective d’autonomisation, sociales, économiques, professionnelles, qui permettent aux jeunes d’être en mesure de gérer leur temps, argents, émotions.

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