Ateliers du CERSS en partenariat avec le FCDM au Forum Social de Tunis 2015

Le FCDM et le CERSS participent au Forum Social Mondial de Tunis par l’organisation de deux ateliers. Ceux qui seront présents à Tunis peuvent y présenter une communication ou participer aux débats. Les intéressés peuvent prendre contact avec la coordination de l’une des deux structures.

Premier atelier

Le rôle de la société civile  dans les politiques de l’éducation au Sud

Quel que soit le sens que l’on attribue au concept de société civile et que la théorie politique a bien mis en relief ( vision libérales de la société civile comme contrôleur de l’Etat, intermédiaire entre les citoyens et l’Etat, lieu de naissance et d’exercice des vertus citoyennes telles que la participation, la délibération et la démocratie directe ; espace indépendant au sens hégélien hors de la sphère naturelle de la famille et de la sphère de l’Etat où les citoyens peuvent, en tant que personnes privées poursuivre leurs intérêts particuliers légitimes (économiques ou autres), aplanir leurs différends et régler leurs affaires, etc..), celle-ci continue à emprunter des voies historiques variables selon les sociétés. L’atelier proposé invite à se pencher sur la composante associative dans le domaine de l’éducation.

Les législations qui ont cours au sud, quand elles existent,  règlementent de manière inégale d’un pays à l’autre la vie et le fonctionnement des associations. Dans plusieurs pays au sud, ces législations ont connu de profondes modifications dans un essai d’adaptation à l’évolution des contextes. Il est évident qu’entre les droits existants et les pratiques de grands écarts peuvent être relevés.

Dans un pays comme le Maroc, la société civile au Maroc a connu un développement notoire bien du point de vue institutionnel que numérique. Elle compterait 45000 associations selon un recensement officiel en 2007, et quelques 90000 associations selon les dernières estimations.   

En Tunisie, le nombre des associations légalement autorisées était de 10932 associations[1]. En Algérie, on compte 89 000 associations dont plus de 1000 associations nationales et 88.000 associations locales selon le recensement de 2011 du ministère de l’intérieur algérien[2]. En Egypte, le secteur associatif avoisine les 15 000 associations à raison de 0,2 associations/1000 habitants[3]. En Palestine[4], Le nombre d’associations enregistrées en Cisjordanie et dans la Bande de Gaza s’élevait à 1.250 en 2001 : 675 en Cisjordanie, dont 31,1% enregistrées après la constitution de l’Autorité palestinienne, et 575 dans la Bande de Gaza, dont 79 avaient été autorisées avant la constitution de l’Autorité palestinienne[5]. En Jordanie,  les statistiques officielles indiquent qu’il y a au sein de la société civile plus de 2.000 organisations dont 800 associations caritatives, 300 institutions culturelles, 45 centres d’études, de recherches, de formation ou d’orientation sociale et psychologique, et plus de 35 ONG étrangères[6].

L’atelier que projettent d’organiser le FCDM et le CERSS à l’occasion du FSM à Tunis entend se focaliser sur la construction de politiques  impliquant l’ensemble des acteurs de la société civile dans les secteurs sociaux, l’exemple choisi étant celui de l’éducation. Il existe dans ce domaine un tissu associatif riche et diversifié, qui traduisant une des figures les plus remarquables des  nouvelles dynamiques de la société civile à l’œuvre aujourd’hui.

Dans les faisceaux  de réseaux associatifs qui animent le secteur de l’éducation nationale, une place importante est occupée par les associations de parents d’élèves qui ont plus de marge de manœuvre, les associations sportives, les associations d’œuvres sociales, les ONG nationales et internationales actives dans le secteurs autour d’objets plus ou moins spécifiques tels la lutte contre l’analphabétisme,.

A ces différents types d’association s’ajoutent plusieurs autres :

– la catégorie des associations éducatives professionnelles  regroupant les  associations et ayant pour objectif commun la mise en place de programmes de formation éducative et activités communes autour de l’amélioration de l’éducation, de la formation  et de la recherche.

– la catégorie des associations culturelles  qui travaillent dans les domaines de l’Éducation pour tous, l’amélioration de l’accès de la fille à la scolarisation en milieu rural, l’appui social, l’environnement, l’alphabétisation et la Formation Professionnelle.

– les associations des droits de l’homme associations qui s’activent dans les domaines de l’égalité entre les sexes, la lutte contre la violence à l’égard des enfants, l’Education à la citoyenneté, l’Education à la tolérance et la solidarité.

Une analyse et une réflexion sur les initiatives de la société civile dans le domaine de l’Education font encore défaut. Un des premiers objectifs de cette analyse est de procéder à une caractérisation et à une typologie des acteurs civils œuvrant dans le domaine de l’éducation. Elle cherche à mieux saisir à travers plusieurs expériences nationales le nouveau profil de l’acteur civil.

Les hypothèses de réflexion sont multiples : par exemple, dans le nouveau contexte politique prévalant dans la région, où s’esquissent de nouveaux rôles pour la société civile dans l’élaboration, la mise en œuvre, l’évaluation des politiques publiques, dans une perspective de démocratie participative,

  • Quelles sont les nouvelles stratégies adoptées par la société civile face aux changements aussi bien à l’échelon régional que national ?
  • quel est le nouveau rôle défini pour la société civile dans un secteur aussi chargé de « civilité » ?
  • Au-delà de la démocratie participative, comment opère la participation de la société civile de l’éducation sur les processus de prise de décision et sur les questions de gouvernance ?
  • Comment mesurer l’évolution du processus de mouvement social et l’apport des acteurs de la société civile dans les politiques de l’éducation ?

Deuxième atelier

Actualité et avenir de la protection sociale

L’expression « protection sociale » comporte aujourd’hui une pluralité de sens. Le sens en est devenu si large qu’il renvoie aussi bien à une terminologie à contenu syndical bien précis, qu’aux usages gouvernementaux articulés sur les  finances de l’Etat,  qu’au sens plus ou moins global et plus ou moins intégré qu’impliquent les politiques sociales de tout gouvernement quelles que soient sa nature et ses composantes.

Il réfère aussi bien aux formes anciennes que nouvelles des filets de sécurité : les programmes de lutte contre la pauvreté, les inégalités, les programmes de lutte contre les effets de la sécheresse, les programmes rentrant dans le cadre de l’action sociale de proximité, les actions des agences de développement économique et social spécialisées, le système de compensation  ou du soutien des prix des denrées de base (farine de blé, tendre, sucre, gaz butane, l’huile, etc.), ses conséquences et les réactions qu’ils suscitent, les questions de ciblage des subventions à la consommation, celles des vrais et faux bénéficiaires…

Aujourd’hui, la protection sociale intègre d’autres volets, celui prenant en charge la persistance de la pauvreté, les phénomènes d’exclusion, les questions de croissance économique, en plus des périodes de grandes difficultés, obligeant l’État à mettre en place des programmes spécifiques de lutte contre la misère et l’élargissement des accès aux services de base

La protection sociale se situe ici d’emblée dans le champ des politiques publiques sociales au sens large. Parmi ces politiques, on relève aussi celle où le social se rapporte au cercle étroit de sous-groupe particulier de mécanismes de la sécurité sociale…

Dans cet atelier, il sera question de l’impact de la mondialisation sur les systèmes de la protection sociale, de l’habitat social, du droit au logement, des dispositifs de la protection sociale, de la lutte contre la pauvreté et des régimes d’assistance et de couverture médicales. Le déficit social (l’accès au soin de santé, à l’éducation, aux prestations familiales, aux pensions pour l’invalidité, la vieillesse et le chômage) représente un minimum de garanties qu’un État moderne puisse assurer pour une vie digne pour tout citoyen. Avec la mondialisation, l’État développeur s’est transformé en Etat régulateur. Plusieurs catégories de populations continuent de s’appuyer sur des solidarités familiales- bien que ces dernières commencent à se détériorer progressivement.

Il s’agit également d’étudier les processus actuels des systèmes dits de protection sociales, dans leur variété et dans ce qui fait leur unité, à travers les expériences de plusieurs pays au sud comme au nord , en soumettant à examen leur construction politique, institutionnelle et juridique et les alternatives possibles.


[1] http://www.tunisienumerique.com/111-partis-politiques-1366-associations-et-187-publications-autorises-depuis-le-14-janvier/74371
[2]  http://www.algerie-focus.com/blog/2011/12/21/plus-de-89-000-associations-recensees-sur-la-scene-nationale-ould-kablia/
[3] http://www.institut-gouvernance.org/fr/analyse/fiche-analyse-190.html
[4] http://www.euromedrights.org/fra/2009/08/24/la-liberte-d-association-en-palestine/
[5] La Commission indépendante palestinienne pour les droits des citoyens, la création d’associations dans les territoires de l’ANP, droit et pratique, série de rapports (15), 2002, Ramallah.
[6] http://www.euromedrights.org/fra/2009/08/20/liberte-d-association-en-jordanie
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