Moubarak Rabie: Dimensions culturelles dans le nouveau paradigme de développement

  1. Présentations :
  • La culture signifie tous les phénomènes de l’activité humaine dans ses manifestations intellectuelles, artistiques et littérales, les méthodes matérielles et morales connexes et tous les moyens et techniques. Cette perspective globale proche de la perception anthropologique considère la culture représentée de manière holistique comme “un mode de vie” de tout groupe humain, avec ses diverses manifestations. Ainsi il est possible de distinguer deux niveaux complémentaires, qui se chevauchent, dans cette conception holistique de la culture :
  1. Niveau général de culture :

Il représente ou ce qu’on peut appeler l’apparence d’un bon sens dans la société. Il s’agit ici d’un groupe de connaissances, de sentiments et de sentiments communs, permettant d’atteindre une conscience commune.

Rentre dans le cercle du niveau général de culture diverses expressions, qu’elles soient verbales ou autres manifestations épistémologiques, artistiques et comportementales. Sont incluses dans ce cercle les divers systèmes de valeurs associées, y compris les coutumes, les traditions et folklore avec différentes expressions et couleurs, qui vont de la force de leur racine à leur apparition spontané ou inné.

  1. Niveau de culture spécifique :

Il s’agit d’un ensemble d’expressions systématiques, structurées et artistiques des connaissances des races créatives littéraires et des divers arts expressifs ; il est clair que la caractéristique d’organisation et de méthodologie n’est pas nécessairement absolue, mais plutôt une caractéristique prédominante ou élémentaire prédominante, étant donné que la création et l’innovation conduisent toujours à la transcendance dans tous les domaines, en particulier en ce qui concerne l’art créatif.

Ce niveau comprend ce qu’on appelle une “culture savante”, c’est-à-dire la culture des “élites” ou encore des universitaires, des instituts de sciences, d’études et de recherches sociales, humaines et artistiques, etc.

  1. Considérations et contextes :
  • Régionalisation et culture :

La perspective du système régional peut et doit se refléter positivement sur les domaines culturels, en raison de l’efficacité de la proximité à mettre en évidence les manifestations culturelles locales, ce qui enrichit le capital et l’équilibre culturel national.

  • Le pluralisme :

Le pluralisme est entendu ici avec ses diverses manifestations et composantes, civilisation naturelle, ethnique, linguistique, nationale et étrangère.

  • Développement accéléré de la technologie cognitive :

La question culturelle est intimement liée au développement et au progrès de la technologie cognitive.

  • Principes :
  • L’identité culturelle ouverte :

Cela signifie qu’elle représente une évolution des caractéristiques générales de la personnalité de la société ou de ce qu’on appelle la « personnalité nationale », avec ses composantes linguistiques patrimoniales, modernes et modernistes, et loin des mises en garde d’une « identité » considérée comme fixe et absolue qui ferait référence à un individu ou à une société fermée sur elle-même.

  • Liberté et responsabilité :

La liberté de recherche et d’expression est une condition de l’efficacité de la culture, à tous les niveaux, et de pair avec la responsabilité, elle acquiert ses dimensions humaines.

  • Présence de la culture de l’autre :

Cela signifie l’autre, le différend dans sa culture, ainsi que le double expérimenté vivant dans la diaspora. Tous ces éléments sont des afflux constitutifs et novateurs de la culture nationale. 

  1. Les objectifs :
  • Culture et développement :

Ce que l’on entend ici peut se résumer en une véritable «équation / cycle» d’investissement : le capital matériel transformé en culture, et la culture transformée en capital matériel.  

Ce qui nécessite un effort pour en tirer en plus du développement du capital humain une rentabilité à tous les niveaux notamment commercial.

  • La construction d’un équilibre social :

La culture a pour fonction de renforcer la cohésion sociétale, par le biais des éléments partagés entre les différents groupes sociaux en termes de conscience et de sentiments, tout e reconnaissant la pluralité et la diversité. Puis en réduisant l’écart entre les sphères privés et publics, elle permet de relier l’efficacité des élites dirigeantes, de sorte que le mouvement et le décollage soient faciles. Ce qui du coup renforce l’inclusion et l’intégration de toute la population au profit notamment des groupes fragiles telles que la population rurale, les enfants, les personnes à besoins spécifiques et du cadre sociétal des femmes …

  • Créativité et innovation :

Elle ne peut exister une culture figée et isolée. Ainsi son interaction et sa fertilisation croisée avec différentes cultures et civilisations sont les facteurs de sa créativité et de son innovation.

  1. L’industrie culturelle :

Sa perspective est la suivante :

  • La culture comme industrie et investissement dans la séquence d’un cycle : “argent – culture – argent” ;
  • La nécessité de créer des conditions favorables pour l’industrie et la pratique dans les différents domaines culturels ;
  • Activer les mécanismes d’établissement du statut juridique et moral de l’intellectuel, en fonction de l’établissement du statut moral de la culture.
  • Le niveau général de la culture : interaction des phénomènes et acteurs
  1. L’éducation culturelle sociétale :

Elle se réfère à la réalisation d’un niveau commun de connaissances générales “pour tous” et comprend les différents domaines de la vie publique et pratique. Elle est aussi le développement d’une expérience générale à travers divers programmes, pour transférer des connaissances scientifiques au plus grand nombre de la population dans des formats accessibles et acceptables, tout en répandant à l’esprit rationnel et expérimental, dans les domaines de la vie quotidienne de la société.

  • Organisation et cadrage :

Le caractère initial du niveau général de culture, en termes d’extension sociétale, ne l’empêche pas d’être soumis aux exigences de la régulation et du contrôle, à travers des programmes, des organismes et des institutions.  Au vu des développements délicats et accélérés d’aujourd’hui, rien ne devrait être délaissé à la spontanéité ou à la “nature” et à l’”instinct”.

  1. Disparité culturelle de la société :

L’éducation socio-culturelle n’as pas pour but de renvoyer les composantes de la société à des doublons identiques. Ce qui s’impose aujourd’hui dans tous les cas est la mise en place de programmes d’alphabétisation à tous les niveaux y compris celle numérique et technologique, et le suivi de leurs résultats.

  • Le niveau spécifique de la culture :

Elle comprend les stratégies liées aux niveaux de créativité culturelle, littéraire, scientifique et artistique, comme suit :

  1. Le livre :

Il représente une expression originale, authentique et un support essentiel de diffusion des connaissances.

  • La recherche scientifique expérimentale et humaine :

Elle s’ajoute aux connaissances spécialisées, et représente une composante culturelle, en interaction avec toutes les autres.

  1. La production littéraire créative avec ses variétés, ses langues et ses dialectes.
  2. La production artistique :

Comprenant diverses expressions interprétatives, rythmiques et cinétiques.

  1. La traduction :

Elle représente une ouverture effective aux langues internationales, vers et depuis celles-ci.

  1. Voies et moyens :
  2. Efficacité de la lecture :

A ce niveau, le diagnostic ne semble pas nécessaire autant que la nécessité de se   concentrer sur les facteurs de sa consolidation et de sa généralisation. Et ce, de diverses manières et moyens, à toutes les étapes, notamment par la formation.

  1. Diffusion et promotion de la production culturelle – le livre en particulier – à travers différentes formes de soutien.
  2. Établir l’accès à l’espace culturel et artistique à travers les bibliothèques, les cafés culturels, théâtre, cinémas et musées.
  3. Diversifier et entreprendre des institutions de formation technique, ainsi que des programmes universitaires, en tant qu’espaces de création et de créativité.
  4. Définir et diversifier les incitations, y compris les compétitions, les prix et divers types de mention et d’honneur aux niveaux national et régional.
  5. Activer des partenariats, et une coopération avec toutes les parties concernées et actives, y compris les individus, les et les organisations gouvernementales, celles représentatives et de la société civile.
  6. Investir le rôle culturel des médias
  7. Etablir, activer et consolider les droits de propriété intellectuelle
  • Remarque générale :
  • Il y a des champs et des domaines adjacents, intimement liés au domaine culturel, et du coup des champs qui s’articulent et se complètent.
  • La nécessaire prise en considération de la question linguistique en accord avec les exigences pédagogiques (méthodes et capacités pédagogiques, le temps…).
  • Conclusion :

La culture représente un facteur de développement, car c’est un véritable champ d’investissement et d’industrie, selon le cycle “argent – culture – argent”. En plus, elle est un élément d’intégration et d’équilibre individuel et collectif, ce qui impose la revalorisation des piliers de son industrie sur le plan moral, financier et technologique, assortie d’une perspective et d’une méthodologie, à la hauteur de contribution au progrès de la société.

Par Moubarak Rabie

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