Le CERSS organise la session d’hiver de son Université du Développement Social sur le thème « Société civile et développement démocratique », 14,15 et 16 février 2020.

Le CERSS organise en partenariat avec l’ADS dans la région du Nord la 20ème session de son Université du Développement Social sur le thème « Société civile et enjeux de développement démocratique »,31 janvier-1ieret 14,15 et 16 février 2020.
Argumentaire
L’expression « développement démocratique ne renvoie pas seulement aux aménagements institutionnels, à la réforme politique, à l’Etat de droit, au cadre juridique.Elle se réfère à l’ensemble des composantes, des niveaux, des champs, des types d‘actions de la vie sociale. Elle se rapporte à la gouvernance de la chose publique, à sa gestion tourmentée, aux tâtonnements des acteurs, à leur efficacité ou efficience, aux constats de réussite ou d’échecs qu’elle a alimentés. Elle est dite démocratique surtout par les valeurs qui la portent (équité, égalité, dignité, solidarité …) et les principes qui la mobilisent (transparence, reddition des comptes, responsabilité…).
1. La société civile marocaine apparaît principalement dans ses composantes les plus dynamiques comme un ensemble d’associations de services ou de prestations, mais aussi de plaidoyer et d’encadrement. Ce rapport particulièrement lié aux aspects concernant le développement politique, économique, social et culturel, n’en fait pas un enjeu stratégique majeur pour l’heure. Du fait qu’elle s’est trop impliquée dans la gestion des politiques publiques, avec le statut de complément à l’action principale menée par les acteurs principaux (l’Etat central, les Collectivités Territoriales, les institutions publiques …) -avec les attributs d’un genre d’entrepreneurs dans des affaires politiques et sociales- ce qui amoindrit considérablement sa légitimité. Quelle est la proportion et le degré d’autonomie des associations résilientes ?
2. Comment faire, aujourd’hui, de la société civile un levier, sachant que la Constitution de 2011 en précise les rôles et fonctions dans une perspective qualitativement nouvelle et avancée, et que le cadre légal ne cesse de s’assouplir en dépit de limites en droit comme en pratique. En effet, ce rôle ne cesse de prendre de l’ampleur dans un champ public de plus en plus élargi, lequel est d’ailleurs traversé par un désir plus fort de démocratie participative (ont été mis en place une variété d’institutions, de mécanismes, de plaidoyer, de participation aux débats publics nationaux, à la mise en œuvre des pétitions ou des motions…), d’autant que les acteurs civils ne cessentde se démultiplier, autant dans les cadres traditionnels qu’à travers des expressions associatives inédites. La société civile apparaît elle-même comme un indicateur des mutations connues par la société marocaine.
3. Au-delà des facteurs endogènes, les facteurs exogènes ne sont pas moins déterminants. Les stratégies des grandes puissances projetant leur influence et leur universalisme bien national sur le pays -à travers la société civile- attestent de ces dimensions et de leur importance. La dépendance de la société civile marocaine vis-à-vis du financement externe est apparue depuis longtemps déjà trop grande ; maissans ce financement extérieur que serait-elle aujourd’hui ? Face aux agendas non internes bien connus, il s’est produit une endogénéisation sur divers plans aussi bien stratégique, programmatiques, en termes de ressources matérielles..
Au cours de cette session, la rencontre s’articulera autour de trois axes :
1 Il s’agit de se réapproprier de nouveau les termes du débat conceptuel et théorique -et même au plan des pratiques concernant la société civile. Tout comme il convient d’en explorer les soubassements sociologiques dans un contexte qui semble aujourd’hui avoir bien changé par rapport au passé.
2 L’étude des actions et interactions entre la société civile et les forces politiques et socioprofessionnelles ne saurait être éludée.
3 Les cadres constitutionnel, institutionnel, légal et règlementaire doivent être appréhendés et développés afin d’être plus adaptés aux objectifs fixés en termes d’un développement démocratique plus efficace et plus efficient.
4 Comment faire de la société civile un catalyseur, une force motrice dans les stratégies de développement ? Quels rôles spécifiques peut-elle assureren la matiére? Quels types d’investissement matériel et symbolique serait-il nécessaire et possible dans les entreprises de développement pour que la société civile y assume un rôle majeur?
De nombreuses questions se profilent : Quelles lectures se font les organisations de la société civile des évolutions de la vie publique au Maroc ? Comment se positionnent – elles par rapport à l’offre politique publique ? Comment définissent – elles les conditions d’une résilience digne des aspirations des citoyennes et des citoyens ? Quels places et rôles assure-t-elle par rapport aux interrogations sur les perspectives du développement ? Peut-on en faire un levier significatif en vue de donner au Maroc une impulsion à un développement alternatif ?

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