Participation du CERSS à l’atelier sur la migration en Mauritanie

Rapport publié par Mauritanie Perspectives (Think Tank Mauritanien) sur sa page Facebook: Source ICI Mauritanie Perspectives organise un atelier de partage et d’analyse des politiques migratoires avec des acteurs nationaux, sous régionaux et de la méditerranée. L’hôtel Monotel Dar El Barka de Nouakchott a abrité, les 22 et 23 janvier 2019, un atelier de partage et d’analyse des politiques migratoires avec des acteurs nationaux, sous régionaux et de la méditerranée, organisé par Mauritanie Perspectives en vue d’enrichir les réflexions sur la problématique de la migration. Cette activité a été initiée dans le cadre du projet « Renforcement du débat, de la réflexion et du réseautage sur les thématiques de la jeunesse et de la migration en Mauritanie », en partenariat avec la Coopération Espagnole. Ont participé à cet atelier plus de 30 organisations nationales et d’organismes internationaux intervenant dans le domaine de la migration, d’associations des migrants, de chercheurs universitaires, de think tank, d’étudiants, de représentants de l’Etat et de représentants syndicaux. Il convient aussi de rappeler la participation d’un représentant du ministère nigérien en charge de la migration, la participation du think tank Real Instituto Elcanode l’Espagne et celle du Centre d’Etude et de recherche en Sciences Sociales du Maroc. La cérémonie d’ouverture a été marquée par un échange de discours entre le président de Mauritanie Perspectives, M. Mohameden Bah HAMED, qui a souhaité la bienvenue aux participants et fait un aperçu sur le think tank Mauritanie perspectives qui ambitionne à devenir une force de proposition et de plaidoyer d’appui au renforcement des institutions de la République, et le représentant de l’Ambassade de l’Espagne en Mauritanie, M. Jorge Alzina Figa, qui a mis en exergue la nécessité de traiter conjointement le phénomène transfrontalier de la migration. La première journée de cet atelier, de deux jours, a été marquée par la présentation de l’étude ‘’Diagnostique sur la gestion de la migration en Mauritanie avec focus sur la migration féminine subsaharienne’’ par Dr Ousmane WAGUE, coordinateur du master migration et territoire de la FLSH de l’Université de Nouakchott El Asriya. Cette étude a été lancée par MP en collaboration avec son partenaire la Coopération espagnole, et réalisée par une équipe de chercheurs sous la direction du Dr Ousmane WAGUE. Un débat fructueux, sous la modération de Mme Oumoulkhairy Ba TALL, a eu lieu à l’issu de cette présentation autour des différents axes de l’étude et a abouti à des recommandations portant dans son ensemble sur la nécessité d’actualiser, de manière permanente, les textes juridiques et législatifs, réadaptés aux nouvelles données migratoires sur le territoire national et sous régional. Un deuxième exposé sous le thème ‘’Analyse profonde et principaux facteurs de la mobilité en Afrique’’ a été présenté par M. Antoine GANFLED ANANIVI, représentant du ministère des affaires étrangères, de la coopération, de l’intégration africaine et de nigériens à l’extérieur. Dans cette analyse, le chercheur a considéré que les principaux facteurs qui favorisent la mobilité sont les facteurs économiques (Pauvreté, Crise économique, faible croissance, poids de la dette extérieure, insécurité alimentaire, répartition inégale des revenus), des facteurs démographiques (Accroissement de la population, surpopulation étroitement liée à une forte croissance démographique), des facteurs environnementaux (Sécheresse, inondations, invasion acridienne, pression sur les ressources naturelle), facteurs politiques (Mauvaise gouvernance, guerres/conflits ethniques, instabilité politique, coup d’état) ou encore des facteurs cultures (dans certaines régions se mouvoir est preuve de bravoure). Intervenant sur le même thème de ‘’l’Analyse profonde et principaux facteurs de la mobilité en Afrique’’ M. Abdelhak SAAF du Centre d’Etude et de recherche en Sciences Sociales qui est un think tank Marocain a rappelé qu’à côté des facteurs qui, anciennement, favorisaient la mobilité tels que précédemment cités ; d’autres facteurs ont fait leur apparition avec la mondialisation. Parmi lesquels, un ordre politique et économique inégal et inéquitable entre l’occident et les pays du sud. Mais aussi, l’image d’un occident plus démocratique véhiculé par la télévision et le cinéma qui attire de plus en plus les jeunes. La deuxième journée a été marquée par la présentation de deux exposés, le 1er sous le thème ‘’Droits de l’homme inclusion sociale, genre, cohésion et intégration en matière de migration’’ présenté par M. Amadou MBOW président de l’Association mauritanienne des droits de l’homme. Cette séance s’est déroulée sous la modération de M. Amadou Ousmane DIALLO, membre de MP. Là, le conférencier a axé son exposé sur la dimension humanitaire dans la gestion de flux de migrants, considérant les conséquences sur la mobilité des personnes son gravement préjudiciables aussi bien pour les migrants que pour leurs pays d’origine et parfois pour les pays d’accueil, et que ces conséquences imposent aux Etats des défis énormes qui nécessitent des politiques migratoires qui tiennent compte non seulement des paramètres sécuritaires mais aussi des impératifs de développement. Le deuxième exposé était sous le thème ‘’ Cohérence des politiques entre les organisations internationales, régionales, sous régionales et nationales’’ présenté par Mme Patricia Alexendra LISA LOPEZ du Think tank Real Instituto Elcano de l’Espagne avec les commentaires de Mr. Abdelhak SAAF, Centre d’Etude et de recherche en Sciences Sociales (Maroc) et Mr. Antoine GANFLED ANANIVI du Ministère des Affaires Etrangères, de la Coopération, de l’Intégration Africaine et des Nigériens à l’Extérieur. Cette séance s’est déroulée sous la modération de M. FALL Youssouf. Dans cette présentation, Mme Patricia a passé en revue les politiques européennes vis-à-vis des flux migratoires, notamment avec la signature du traité d’Amsterdam en 1997, où l’UE a mis en place une politique d’asile commune et de gestion commune des flux migratoires. Depuis lors, l’UE lie l’aide au développement qu’elle octroie aux pays tiers à l’accomplissement de leur mission de garde-frontières. Mr. SAAF a quant à lui axé son intervention sur le cas Marocain de la gestion de la crise migratoire. Il rappelé les instruments mis en place par le royaume notamment la régularisation d’un grand nombre de migrant en 2016. Il a aussi rappelé que le Maroc ne reçoit pas que des migrants venant du sud mais aussi des migrants venant des pays européens. Ces derniers s’installent dans leur majorité dans la ville de Marrakech. Les participants à cet atelier ont formulé, au terme de leurs travaux, des recommandations portant dans son ensemble sur : – L’amélioration des conditions de circulation afin de contrer la clandestinité ; – Tenir compte de la question genre dans le traitement et la gestion des questions migratoire ; – Etablir une coopération sous régionale chargée des négociations avec l’Europe ; – Mise en place d’observatoire de la migration multipartite (Etat, Société civile, partenaires au développement).
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